Kobokotossou - Année 2006 :

Le grand figuier a donné son nom à Kobocotossou, un village paisible situé à deux heures de taxi brousse de Sadiola, commune dont elle dépend. Un millier de personnes vivent dans ce village traditionnel fait de petites cases et de greniers en banko( un mélange de terre, de bouse de vache et de paille qui sert à fabriquer des briques). L’agriculture est l’unique source de richesse du village. Tant les femmes que les hommes se livrent à cette activité. Du fait de la dépendance climatique, l’exploitation agricole est difficile et ses rendements peuvent être très faibles selon la saison. Faute de travail, de nombreux hommes ont immigré en France ou en Espagne.

Une école anime le village avec ses trois classes. On y trouve évidemment la mosquée et une caisse de santé tenue par Mariama, la matrone. Il n’y a qu’un commerce où on peut acheter du pain et des produits élémentaires.

Nous avons été accueillis par Niambouré, le représentant du village auprès de la commune de Sadiola et l’animateur de Kossou. Il est venu nous chercher à Kayes et nous a aidés dans nos démarches. Une fois arrivés à Kobokotossou, la première chose à faire était de se présenter au chef du village, un homme de la famille Keita. On a également rencontré Youssouf, le directeur de l’école, ainsi que de nombreuses femmes. La communication est cependant réduite avec celles-ci, du fait qu’elles ne parlent que très peu le français. Il ne faut pas oublier les nombreux enfants qui nous entouraient durant notre séjour.

Nos projets :

Notre principal projet était la création d’une maison pour tous(en dur) qui fait office de bibliothèque. Elle servira comme lieu de réunion et pourra accueillir des visiteurs. Aujourd’hui, la maison est presque terminée. Il ne reste plus qu’à la peindre, la carreler et à y apporter des fournitures. Chaque année nous apportons du matériel et nous participons à sa construction.

Durant notre séjour, un étudiant en médecine a aidé Mariama, la matrone, dans son travail. Les médicaments que nous avons pu collecter en France ont donné un nouvel élan à la caisse de santé. Les autres étudiants, de la faculté de lettres, se sont intéressés au domaine de l’éducation. Ils ont ainsi suivi des cours à l’école, chanté l’hymne national du Mali et récité quelques dictées. Ils ont également donné des cours d’anglais à un passionné des langues, Mansa, en échange de quelques cours de Malinké, la langue parlée au village.

Nous avons également animé des réunions de prévention avec les hommes, les femmes et les jeunes filles. Elles portaient sur la santé comme les MST(Maladies sexuellement transmissibles), la grossesse, la contraception, etc. Ce fut l’occasion de nombreux échanges, et une manière de mieux connaître leur société polygame. Nous avons confronté nos connaissances occidentales à leur médecine traditionnelle et à leurs croyances. Ce fut donc très enrichissant pour tout le monde.

Par rapport aux modestes choses que nous avons pu leur apporter, nous avons appris énormément tant sur le plan humain que culturel. Nous avons participé à la vie quotidienne en préparant à manger sur les braises, en cherchant de l’eau au puits et en pilant du riz, à la surprise des femmes qui avaient peur que l’on se fatigue trop. Nous avons, entre autres, assisté à une fête en l’honneur d’un baptême. Nos discussions nous ont permis d’échanger nos points de vue autour d’un thé partagé durant des veillées le soir.

Bref, ce fut une aventure extraordinaire et très enrichissante. Nous espérons que les liens d’amitié que nous avons tissé vont durer encore longtemps.

Quelques photos...

Kobokotossou
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